En bref
L’hyponatrémie induite par les antidépresseurs est la complication électrolytique cliniquement la plus significative du traitement antidépresseur. Elle est idiosyncrasique plutôt que dose-dépendante : elle survient aux doses thérapeutiques et ne suit pas de manière fiable les taux plasmatiques [1–3].
Aucun antidépresseur n’est exempt de risque : la mirtazapine présente les données les plus cohérentes en faveur d’un risque comparatif inférieur à celui des ISRS [4–10]
Le défi clinique réside dans la reconnaissance du tableau : les symptômes sont non spécifiques et habituellement attribués à tort à la maladie psychiatrique, au vieillissement ou aux effets indésirables attendus du traitement. Les symptômes dépendent à la fois de la valeur sodée et de la vitesse de déclin.
- Risque d’hyponatrémie en un coup d’œil :
- Risque clairement augmenté : ISRS et IRSN
- Risque comparatif inférieur, le mieux étayé : mirtazapine
- Alternative potentiellement à risque moindre, données comparatives limitées : bupropion [6,10]
- Risque potentiellement moindre mais données limitées : trazodone et agomélatine
- Aucun classement fiable molécule par molécule :
- Recommandations cliniques clés :
- Vérifier la natrémie de base avant d’instaurer ou d’augmenter un antidépresseur chez les patients présentant un risque significatif : [1,3,14–16]
- Âge avancé (en particulier ≥65 ans)
- Antécédents d’hyponatrémie ou de syndrome d’antidiurèse inappropriée (SIAD)
- Natrémie de base basse ou à la limite inférieure de la normale
- Utilisation de thiazidiques ou de plusieurs médicaments associés à l’hyponatrémie
- Cardiopathie, hépatopathie ou néphropathie sévère
- Préférer un agent à risque moindre chez les patients prédisposés à l’hyponatrémie :
- Chez les patients à haut risque, recontrôler la natrémie pendant la fenêtre de risque précoce :
- Traiter en fonction des symptômes et de la sévérité clinique, et non de la valeur sodée seule :
- En cas d’hyponatrémie induite par un antidépresseur sans symptômes sévères :
- Éviter en règle générale la réintroduction de l’antidépresseur impliqué :
- Vérifier la natrémie de base avant d’instaurer ou d’augmenter un antidépresseur chez les patients présentant un risque significatif : [1,3,14–16]
Introduction
Significance clinique
- Les antidépresseurs figurent parmi les classes médicamenteuses les plus fréquemment impliquées dans le syndrome d’antidiurèse inappropriée (SIAD), terme générique moderne (plus large que le SIADH) désignant une rétention inappropriée d’eau libre qui dilue le sodium sérique [14,20]
- L’hyponatrémie est l’une des principales causes de chutes et de fractures chez les personnes âgées ; même les formes légères et chroniques ont été associées à des troubles de l’attention et de la marche [13,14,20]
- Fréquemment sous-reconnue en milieu psychiatrique, car les symptômes cardinaux (confusion, fatigue, déclin cognitif, instabilité à la marche) se confondent avec ceux des affections traitées [1]
Incidence et facteurs de risque
- L’incidence varie selon la définition retenue, la population étudiée et la durée du suivi :
- Taux d’événements de 6 % pour l’hyponatrémie définie selon les critères de l’étude, d’après une méta-analyse de 2025 portant sur les ISRS/IRSN [7]
- 8,25 % pour toute hyponatrémie et 2,87 % pour une hyponatrémie cliniquement significative chez les utilisateurs âgés d’antidépresseurs, selon une méta-analyse gériatrique de 2026
- Chronologie :
- La fenêtre de risque la plus élevée se situe peu après l’instauration du traitement ou une augmentation de dose ; le risque est maximal durant les 2 premières semaines et n’est plus significatif après un an [12]
- Une hyponatrémie de survenue tardive peut néanmoins se produire lors de l’apparition d’une nouvelle maladie, d’une augmentation des apports hydriques ou de l’ajout d’un médicament en interaction ; une exposition prolongée ne doit donc pas être considérée comme protectrice [12]
Mécanismes de l’hyponatrémie induite par les antidépresseurs
- La voie finale commune est l’altération de l’excrétion rénale d’eau libre d’électrolytes. Il en résulte une hyponatrémie hypotonique, généralement euvolémique : un excès d’eau libre plutôt qu’un déficit en sodium [18,19,21,22]
- L’affinité de liaison au transporteur de la sérotonine (SERT) constitue un signal mécanistique parmi d’autres, et non un classement cliniquement validé applicable à l’ensemble des populations et des critères de jugement [4–7]
- Dans une étude de triangulation, l’amplitude de la chute sodée était corrélée à l’affinité d’un antidépresseur pour le SERT [4]
- Une liaison SERT élevée (paroxétine, duloxétine, escitalopram) tendait vers une diminution plus importante de la natrémie
- Une liaison SERT faible ou nulle (mirtazapine, bupropion) se traduisait par un effet minimal ou nul sur la natrémie
- L’association n’est pas dose-dépendante :
- Deux voies peuvent converger vers une rétention hydrique au niveau du tube collecteur rénal [20,22]

- Voie centrale (SIADH classique) :
- Les antidépresseurs sérotoninergiques stimulent la sécrétion d’ADH (vasopressine),
vraisemblablement par activation des récepteurs 5-HT2C et 5-HT3 [20,22] - L’ADH agit ensuite sur les récepteurs V2 du tube collecteur, induisant l’insertion des canaux hydriques AQP2, la rétention d’eau et une hyponatrémie de dilution
[20,22] - Le SIADH représente environ un tiers de l’ensemble des cas d’hyponatrémie
en pratique clinique [21]
- Les antidépresseurs sérotoninergiques stimulent la sécrétion d’ADH (vasopressine),
- Voie rénale (syndrome néphrogénique d’antidiurèse inappropriée,
NSIAD) :- Certains médicaments pourraient augmenter la signalisation V2/AQP2 au niveau du tube collecteur ou la sensibilité rénale à la vasopressine, de sorte que le taux d’ADH peut être normal ou même supprimé [22]
- Ce mécanisme néphrogénique est biologiquement plausible et étayé
par des données expérimentales pour certains médicaments (dont la sertraline) [22]- Il n’est pas établi comme voie prédominante pour les antidépresseurs
et ne doit pas être présenté comme un effet de classe
- Il n’est pas établi comme voie prédominante pour les antidépresseurs
- Il explique également pourquoi le tolvaptan (un antagoniste du récepteur V2) peut être efficace même lorsque l’ADH n’est pas élevée
Comparaison du risque d’hyponatrémie entre les antidépresseurs
- Les données comparatives sont presque entièrement observationnelles et très hétérogènes [5–10]
- Les différences d’âge, de natrémie de base, de pratiques de laboratoire, d’indication, de traitements concomitants et de définition des critères de jugement peuvent inverser les classements apparents.
- Privilégier des catégories de risque larges et une évaluation individualisée plutôt qu’un classement définitif [5–8]
Risque par classe et groupe de molécules
| Classe ou groupe de molécules | Interprétation clinique | Limites |
|---|---|---|
| IRSN | Les méta-analyse retrouvent souvent un risque modestement plus élevé qu’avec les ISRS [5,7,9] |
Une cohorte multicentrique de 2026 a mis en évidence un signal significatif pour les ISRS mais pas pour les IRSN, montrant que la hiérarchie n’est pas uniforme [10] |
| ISRS | Constamment associés à un risque accru, notamment en début de traitement et chez les patients âgés [5,7,10,12] | Les classements des ISRS pris individuellement diffèrent selon les jeux de données. |
| ATC | Le risque global est généralement inférieur à celui des ISRS et des IRSN [5,8] | Les risques anticholinergiques, cardiovasculaires et en cas de surdosage font généralement obstacle au choix d’un ATC dans le seul but de réduire le risque d’hyponatrémie. |
| Mirtazapine | Alternatives à risque plus faible la mieux étayée par rapport aux ISRS [5,9] | Elle reste associée à une hyponatrémie par rapport à l’absence de traitement, et des cas sévères rares sont rapportés [5,8,9,24] |
| Bupropion | Option à risque plus faible raisonnable lorsqu’elle est cliniquement appropriée [6,10] | Les données comparatives sont limitées et n’établissent pas un risque nul [6,10] |
| Trazodone | Une option potentiellement à risque plus faible [5] | Peu d’études disponibles et incertitude substantielle ; le niveau de preuve est inférieur à celui de la mirtazapine. |
| Agomélatine | Alternatives potentielle dans les pays où elle est disponible | Les données sont rares et comprennent une petite série de cas publiée en 2025 ; la surveillance de la fonction hépatique et les conditions locales d’autorisation de mise sur le marché s’appliquent [2,11] |
Molécules individuelles
- Différentes larges bases de données ont généré des signaux plus élevés pour la venlafaxine, la duloxétine, le citalopram, la sertraline, la paroxétine, l’escitalopram et la fluoxétine, mais la molécule identifiée comme la plus à risque varie d’une cohorte à l’autre ; aucun médicament individuel ne peut donc être classé de manière fiable comme le plus risqué [6–8,12,13]
Conclusion clinique
- Les données disponibles ne permettent pas d’établir un classement universellement valide entre les molécules individuelles ; le choix de l’agent doit être adapté au profil de risque du patient plutôt qu’à une hiérarchie préétablie
- Lorsque la réduction du risque d’hyponatrémie constitue une priorité majeure [5,6,9]
- La mirtazapine bénéficie du soutien comparatif le plus solide
- Le bupropion est une option raisonnable lorsqu’il est cliniquement adapté
- Les données concernant la trazodone et l’agomelatine sont trop rares pour les considérer comme équivalentes sur le plan des preuves
Présentation clinique et diagnostic
- Les symptômes de l’hyponatrémie chevauchent largement ceux de la dépression et les effets indésirables des antidépresseurs ; le premier défi est donc de la reconnaître, en particulier dans les formes légères.
- Il convient de distinguer la sévérité biochimique (la valeur de la natrémie) de la sévérité clinique (les symptômes) [18,19]
- Les symptômes dépendent à la fois de la concentration en sodium et de la vitesse de chute
- Une natrémie à 128 mmol/L en baisse aiguë peut être plus dangereuse qu’une valeur stable et chronique inférieure à 125 mmol/L
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Reconnaissance des symptômes selon la sévérité
- Légère (Na 130–134 mmol/L) :
- Souvent asymptomatique ; peut se manifester par une fatigue, des céphalées, des difficultés de concentration ou des plaintes cognitives légères [20]
- Habituellement attribuée à tort à une dépression, au vieillissement ou aux effets indésirables d’autres médicaments
- Modérée (Na 125–129 mmol/L) :
- Sévère (Na <125 mmol/L) :
Bilan diagnostique
-
L’objectif est de confirmer une hyponatrémie hypotonique vraie, d’établir le statut volémique et de déterminer si l’antidépresseur est en cause.
-
Quand contrôler la natrémie :
- Conformément au plan de surveillance, ou dès qu’apparaissent une confusion, un déclin cognitif, une instabilité, des chutes ou des nausées sous antidépresseur
-
Examens à prescrire et éléments à analyser :
- Osmolalité sérique et glycémie pour confirmer la tonicité :
- Une osmolalité mesurée abaissée confirme une hyponatrémie hypotonique
- L’hyperglycémie provoque une hyponatrémie hypertonique (translocationnelle) ; une hyperlipidémie marquée ou une paraprotéinémie peut entraîner une pseudohyponatrémie isotonique selon la méthode de dosage utilisée par le laboratoire [20,21]
- Osmolalité urinaire et natriurie, idéalement avant tout apport de sérum physiologique, diurétique ou modification liquidienne majeure :
- Une osmolalité urinaire >100 mOsm/kg témoigne d’un effet antidiurétique persistant mais n’est pas spécifique du SIAD ; <100 évoque une polydipsie primaire ou un apport insuffisant en solutés [21]
- Une natriurie >30 mmol/L est compatible avec un SIAD lorsque l’apport sodé alimentaire est adéquat et que les diurétiques, une néphropathie et une insuffisance surrénalienne ont été écartés [14,21]
- Rechercher les facteurs contributifs probables : introduction récente ou augmentation posologique d’un antidépresseur, thiazidiques, carbamazépine/oxcarbazépine, AINS, opioïdes [14,22]
- Éliminer les causes concurrentes :
- Évaluer la fonction rénale et rechercher une insuffisance surrénalienne
- Doser la TSH si indiqué ; un hypothyroïdisme sévère peut contribuer, mais des anomalies thyroïdiennes légères expliquent rarement une hyponatrémie marquée
- Considérer également une insuffisance cardiaque, une cirrhose, une néphropathie, des pertes digestives et un apport insuffisant en solutés avant d’attribuer l’hyponatrémie à l’antidépresseur [20,21]
- Ne pas mesurer systématiquement l’ADH plasmatique ou la vasopressine : le dosage est techniquement difficile, n’est pas requis pour le diagnostic et modifie rarement la prise en charge [18,22]
- Osmolalité sérique et glycémie pour confirmer la tonicité :
Diagnostic différentiel
- Polydipsie primaire :
- Particulièrement fréquente chez les patients souffrant de troubles psychotiques
- Un apport hydrique excessif peut dépasser la capacité d’excrétion rénale même en présence d’un pouvoir de dilution normal
- Les urines seront maximalement diluées (<100 mOsm/kg), à l’opposé des urines concentrées observées dans le SIADH [21]
- Hyponatrémie induite par les thiazidiques :
- Mimique clinique du SIADH (euvolémie apparente, urines concentrées, natriurie élevée)
- Chez les patients recevant à la fois un thiazidique et un antidépresseur, la causalité est souvent multifactorielle
Facteurs de risque liés au patient
-
Le risque dépend à la fois du médicament choisi et du profil individuel du patient.
-
L’hyponatrémie liée aux antidépresseurs est peu fréquente chez les patients sans facteurs de risque, mais bien plus commune qu’on ne le pense généralement lorsque plusieurs facteurs se cumulent [1,14]
-
Les facteurs ci-dessous sont cumulatifs : plus ils sont nombreux, plus la surveillance doit être intensive
-
Facteurs de risque à plus haute valeur prédictive :
- Âge avancé, notamment ≥65 ans et de façon marquée ≥80 ans :
- Antécédent d’hyponatrémie ou de SIAD :
- Natrémie basale basse ou à la limite inférieure de la normale [1]
- Faible poids corporel, IMC bas ou fragilité [1,14]
- Utilisation de diurétiques thiazidiques ou apparentés :
- Carbamazépine ou oxcarbazépine :
- Polymédication incluant plusieurs médicaments associés à l’hyponatrémie, ou maladie aiguë intercurrente
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Facteurs contributifs moins robustes ou contextuels (s’ajoutent au risque cumulatif, mais ne doivent pas être considérés comme des risques équivalents) :
- Sexe féminin (risque plus élevé chez les femmes très âgées, mais en partie confondu avec l’âge, la corpulence et les habitudes de prescription), ainsi que les AINS, les inhibiteurs de l’ECA/ARA, les IPP ou les opioïdes [6,12,14,20]
- L’insuffisance cardiaque, la cirrhose et la néphropathie interviennent principalement comme causes alternatives à écarter (voir Présentation clinique et diagnostic) ; le diabète intervient par le biais de l’hyperglycémie, de la néphropathie et du contexte thérapeutique [6,21]
Surveillance et prise en charge
- La prise en charge est guidée par les symptômes et l’urgence clinique, et non par la valeur de la natrémie [18,19]
- Identifier les symptômes neurologiques sévères et préciser si le début est aigu
- Les symptômes sévères nécessitent un traitement en urgence par sérum salé hypertonique ; la restriction hydrique n’est pas l’intervention initiale
- La question centrale pour le prescripteur est de savoir si l’antidépresseur peut être poursuivi, réduit, remplacé ou doit être arrêté en urgence.
- Garder à l’esprit le principe fondamental : l’hyponatrémie associée aux antidépresseurs résulte généralement d’un excès d’eau libre et non d’un déficit sodé
Surveillance
- Aucune recommandation de l’APA, du CANMAT ou du NICE ne prescrit actuellement une surveillance systématique de la natrémie sous antidépresseurs ; ce qui suit synthétise le consensus d’experts [3,14,24]
Quand envisager une natrémie de référence
- Obtenir une natrémie de référence avant d’initier ou d’augmenter un antidépresseur chez les patients présentant un risque significatif [1,3,14,16]
- Antécédents d’hyponatrémie ou de SIAD
- Âge avancé, notamment ≥65 ans
- Natrémie de base basse ou à la limite inférieure de la normale
- Faible poids corporel ou fragilité
- Utilisation de thiazidiques ou de plusieurs médicaments associés à l’hyponatrémie
- Cardiopathie, hépatopathie ou néphropathie significative
- Envisager d’emblée un antidépresseur à moindre risque (mirtazapine ou bupropion) [5]
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- Fenêtre de risque précoce : [3,5,12,14]
- Chez les patients à haut risque, généralement à environ 1–2 semaines après l’initiation ou une augmentation de dose significative, puis à 4 semaines
- Contrôle plus précoce si la natrémie de base est à la limite ou en cas d’apparition de symptômes
- Surveillance selon les symptômes et à long terme :
- Contrôler la natrémie sans délai à tout moment en cas de nouvelles nausées, céphalées, confusion, modification cognitive, instabilité, chutes, faiblesse ou convulsion [3,18,19]
- Individualiser la surveillance à long terme en cas d’épisodes antérieurs, de natrémie durablement basse, de médicaments interagissants en cours ou de comorbidité majeure
- Lorsque l’hyponatrémie survient après une période prolongée de traitement stable, rechercher une nouvelle affection, un nouveau médicament, une modification des apports hydriques ou une alimentation hyposodée avant d’imputer la causalité au seul antidépresseur [12,25]
Hyponatrémie légère (Na 130–134 mmol/L, asymptomatique)
- Confirmer la nature véritablement hypotonique de l’hyponatrémie et rechercher d’autres étiologies.
- Lorsque l’antidépresseur est vraisemblablement en cause, les options comprennent la réduction de dose, le changement de molécule ou l’arrêt du traitement, en fonction de l’urgence psychiatrique et de l’évolution de la natrémie
- Le consensus d’experts préconise une réduction de 25–50 % chez certains patients stables sélectionnés, avec contrôle de la natrémie à environ 1–4 semaines selon la valeur, les symptômes et la trajectoire [14]
Hyponatrémie modérée (Na 125–129 mmol/L, sans symptômes sévères)
- Organiser une réévaluation médicale rapide.
- Si l’antidépresseur est une cause plausible, l’arrêter en règle générale, ou procéder à une réduction substantielle ou à un changement de molécule selon le risque psychiatrique [14,19]
- Confirmer l’hypotonicité et le statut volémique. En cas de SIAD euvolémique confirmé, la restriction hydrique peut être utilisée, mais la réponse est variable et la surveillance doit intervenir en quelques jours plutôt qu’après plusieurs semaines [18,19]
- Les comprimés de sel, les diurétiques de l’anse ou l’urée orale doivent être individualisés et relèvent généralement d’une décision spécialisée [19,21]
Hyponatrémie sévère ou symptomatique (urgence)
- Les symptômes sévères (convulsions, altération marquée de la conscience, confusion sévère ou delirium, détresse cardiorespiratoire) constituent une urgence médicale indépendamment de la valeur sodémique
- Arrêter l’antidépresseur suspecté et orienter vers une prise en charge médicale urgente
[18,19] - Le traitement de référence est le sérum salé hypertonique à 3 % selon le protocole d’urgence local [18,19]
- L’équipe d’urgence procède à une correction prudente (généralement ne dépassant pas 10 mmol/L au cours des premières 24 heures) afin d’éviter une surcorrection et une démyélinisation osmotique [18]
- Une hyponatrémie profonde (<125 mmol/L) sans symptômes sévères justifie néanmoins une évaluation urgente et une prise en charge étroitement surveillée, car une détérioration clinique comme une surcorrection restent possibles [18,19]
Relais thérapeutique après une hyponatrémie induite par un antidépresseur
- Mirtazapine :
- Bupropion :
- Trazodone ou agomélatine :
- La réintroduction du médicament impliqué est généralement évitée après un épisode probant ou sévère lorsque des alternatives existent [2,14]
- Une sensibilité croisée peut survenir ; le changement de classe thérapeutique réduit le risque sans toutefois l’éliminer
- En cas de recours à un autre agent sérotoninergique, contrôler la natrémie au bilan initial et pendant la fenêtre de risque précoce
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