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03. Sémaglutide dans le trouble lié à l’usage de l’alcool : nouvelles données d’un ECR

Publié le 1 octobre 2025 Date d'expiration de la certification : 1 octobre 2028 DOI: 10.64239/PI-FR-QT7903

David A. Gorelick, M.D., Ph.D., D.L.F.A.P.A., F.A.S.A.M.

Professor of Psychiatry - University of Maryland School of Medicine

Points clés

  • Le sémaglutide a réduit le nombre de verres par jour de consommation, le nombre de jours de consommation excessive et les envies d’alcool chez les patients présentant un trouble lié à l’usage de l’alcool. En revanche, il n’a pas significativement réduit le nombre total de jours de consommation.
  • Le sémaglutide a été globalement bien toléré, avec les effets indésirables attendus des agonistes du GLP-1 : diminution de l’appétit, symptômes gastro-intestinaux, céphalées. Les participants ont perdu 5 % de leur poids corporel ; aucun événement indésirable grave n’a été observé.
  • Envisager le sémaglutide pour le TUA après l’échec de traitements par les médicaments approuvés par la FDA (disulfirame, acamprosate ou naltrexone). Rechercher soigneusement les comorbidités avant la prescription.

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Version texte

Trouble lié à l’usage de l’alcool : des besoins thérapeutiques non satisfaits

Le trouble lié à l’usage de l’alcool (TUA) est l’une des pathologies psychiatriques les plus fréquentes. En 2023, on estimait à 29 millions le nombre de résidents américains souffrant d’un TUA, dont seulement environ 2 % ont bénéficié d’un traitement pharmacologique.

La Food and Drug Administration (FDA) américaine a approuvé trois médicaments pour le traitement du TUA :

  • Le disulfirame
  • L’acamprosate
  • La naltrexone

Cependant, aucun de ces médicaments approuvés ne présente une efficacité suffisamment large ni n’est largement prescrit. Il existe donc un besoin manifeste de nouveaux traitements pharmacologiques pour le TUA.

Agonistes du GLP-1 : une piste prometteuse

Les agonistes du récepteur du glucagon-like peptide 1 (GLP-1) constituent une piste particulièrement prometteuse. Ces médicaments agissent en :

  • Activant les récepteurs GLP-1 au niveau du pancréas et du tractus gastro-intestinal
  • Potentialisant la sécrétion d’insuline glucose-dépendante
  • Réduisant la sécrétion de glucagon

Les agonistes des récepteurs GLP-1 sont approuvés par la FDA pour le traitement du diabète et de l’obésité. Fait notable, des données anecdotiques suggèrent que les patients prenant ces médicaments pour le diabète ou l’obésité pourraient réduire leur consommation d’alcool.

Conception de l’étude et critères d’évaluation

L’étude du Dr Hendershot et de ses collaborateurs apporte des données plus convaincantes quant à l’efficacité et à la tolérance des agonistes des récepteurs GLP-1 dans le TUA. Ils ont conduit un essai clinique randomisé, en double aveugle, contrôlé contre placebo (ECR) portant sur le sémaglutide (un agoniste du récepteur GLP-1 à longue durée d’action), aux doses approuvées par la FDA de 0,25 et 0,5 mg.

L’étude se distinguait par la mise en œuvre de deux types de critères d’évaluation :

  1. Données hebdomadaires standardisées sur la consommation d’alcool au cours d’un essai ambulatoire de 9 semaines
  2. Consommation d’alcool volontaire observée lors d’une session en laboratoire d’une durée de 2 heures, au cours de laquelle les participants avaient libre accès à leur boisson alcoolisée préférée

Résultats : réduction des jours de consommation excessive

Les résultats de l’étude ont mis en évidence un bénéfice cliniquement significatif du sémaglutide — d’autant plus remarquable que les participants ne sollicitaient pas de traitement pour leur TUA et ne bénéficiaient d’aucun accompagnement psychosocial en parallèle de leur traitement médicamenteux.

Le sémaglutide a significativement réduit :

  • Le nombre de verres consommés par jour de boisson
  • Le nombre de jours de consommation excessive (définie comme ≥ 4 verres pour les femmes, ≥ 5 pour les hommes)
  • Les envies d’alcool autodéclarées

Aucun effet significatif n’a été observé sur le nombre total de jours de consommation, ce qui suggère que le sémaglutide ne permettrait pas d’obtenir une abstinence complète.

Lors de la session en laboratoire, le sémaglutide a :

  • Réduit la consommation d’alcool d’environ 2 verres standard (26 g d’alcool)
  • Entraîné une réduction de 57 % de la concentration moyenne d’alcool dans l’air expiré

Profil d’effets indésirables conforme à la classe des GLP-1

Le sémaglutide a été bien toléré. Les effets indésirables étaient essentiellement ceux attendus avec un agoniste du récepteur GLP-1 :

  • Diminution de l’appétit
  • Symptômes gastro-intestinaux
  • Céphalées

Aucun événement indésirable grave n’a été rapporté. Aucun participant ne s’est retiré de l’étude en raison d’un effet indésirable et aucune interaction médicamenteuse avec l’alcool n’a été constatée. Conformément aux données connues, les participants traités par sémaglutide ont perdu environ 5 % de leur poids corporel.

Limites de l’étude affectant la généralisabilité

Ces résultats sont prometteurs, mais leur généralisabilité à l’ensemble des patients reste à établir. L’étude excluait les participants présentant :

  • Des comorbidités médicales ou psychiatriques sévères
  • D’autres troubles liés à l’usage de substances (à l’exception du tabac et du cannabis)

Or, en pratique clinique courante, de nombreux patients présentant une consommation excessive d’alcool ont également des comorbidités telles qu’une hépatopathie ou un épisode dépressif. Le sémaglutide pourrait donc, dans un premier temps, être particulièrement indiqué chez les patients présentant un TUA d’intensité légère. Par ailleurs, la nécessité d’injections sous-cutanées hebdomadaires pourrait constituer un frein pour certains patients.

Recommandations cliniques pour l’utilisation du sémaglutide

Le sémaglutide représente un traitement prometteur pour le TUA. Son efficacité et sa tolérance ont été démontrées dans des ECR de phase 1 et de phase 2.

Il convient d’envisager le sémaglutide chez les patients atteints de TUA n’ayant pas répondu à des essais thérapeutiques adéquats avec les traitements actuellement approuvés — après un bilan soigneux des comorbidités cliniquement pertinentes.

Abstract

Résumé de l’article original, reproduit en anglais.

Once-Weekly Semaglutide in Adults With Alcohol Use Disorder A Randomized Clinical Trial

Christian S. Hendershot, PhD, Michael P. Bremmer, MA, Michael B. Paladino, BS, et al

Importance

Preclinical, observational, and pharmacoepidemiology evidence indicates that glucagon-like peptide 1 receptor agonists (GLP-1RAs) may reduce alcohol intake. Randomized trials are needed to determine the clinical significance of these findings.

Objective

To evaluate the effects of once-weekly subcutaneous semaglutide on alcohol consumption and craving in adults with alcohol use disorder (AUD).

Design, Setting, and Participants

This was a phase 2, double-blind, randomized, parallel-arm trial involving 9 weeks of outpatient treatment. Enrollment occurred at an academic medical center in the US from September 2022 to February 2024. Of 504 potential participants assessed, 48 non-treatment-seeking participants with AUD were randomized.

Intervention

Participants received semaglutide (0.25 mg/week for 4 weeks, 0.5 mg/week for 4 weeks, and 1.0 mg for 1 week) or placebo at weekly clinic visits.

Main Outcomes and Measures

The primary outcome was laboratory alcohol self-administration, measured at pretreatment and posttreatment (0.5 mg/week). Secondary and exploratory outcomes, including prospective changes in alcohol consumption and craving, were assessed at outpatient visits.

Results

Forty-eight participants (34 [71%] female; mean [SD] age, 39.9 [10.6] years) were randomized. Low-dose semaglutide reduced the amount of alcohol consumed during a posttreatment laboratory self-administration task, with evidence of medium to large effect sizes for grams of alcohol consumed (β, -0.48; 95% CI, -0.85 to -0.11; P = .01) and peak breath alcohol concentration (β, -0.46; 95% CI, -0.87 to -0.06; P = .03). Semaglutide treatment did not affect average drinks per calendar day or number of drinking days, but significantly reduced drinks per drinking day (β, -0.41; 95% CI, -0.73 to -0.09; P = .04) and weekly alcohol craving (β, -0.39; 95% CI, -0.73 to -0.06; P = .01), also predicting greater reductions in heavy drinking over time relative to placebo (β, 0.84; 95% CI, 0.71 to 0.99; P = .04). A significant treatment-by-time interaction indicated that semaglutide treatment predicted greater relative reductions in cigarettes per day in a subsample of individuals with current cigarette use (β, -0.10; 95% CI, -0.16 to -0.03; P = .005).

Conclusions and Relevance

These findings provide initial prospective evidence that low-dose semaglutide can reduce craving and some drinking outcomes, justifying larger clinical trials to evaluate GLP-1RAs for alcohol use disorder.

Trial Registration

ClinicalTrials.gov Identifier: NCT05520775.

Référence

Hendershot, C.; Bremmer, M.; Paladino, M.; Kostantinis, G.; Gilmore, T.; Sullivan, N. et al. (2025). Once-Weekly Semaglutide in Adults With Alcohol Use Disorder. JAMA Psychiatry; 82(4):395.

Objectifs d’apprentissage:
À l’issue de cette activité, le participant sera en mesure de :

  • Appliquer des stratégies de surveillance fondées sur les données probantes pour la neutropénie induite par la clozapine, en s’appuyant sur les recommandations issues du consensus Delphi international.
  • Sélectionner des stratégies posologiques appropriées pour la cariprazine chez les adultes plus âgés atteints de trouble bipolaire de type I.
  • Évaluer le rôle potentiel du sémaglutide dans le traitement du trouble lié à l’usage de l’alcool.
  • Optimiser le traitement antidépresseur chez les adultes plus âgés en évitant les posologies sous-thérapeutiques.
  • Analyser les données probantes relatives au safran en tant que traitement alternatif de la dépression et des troubles anxieux, en comparant son profil d’efficacité et d’innocuité à celui des SSRI.

Date de publication initiale: 1 octobre 2025
Date d’expiration: 1 octobre 2028

Experts: Oliver Freudenreich, M.D., F.A.C.L.P., Kristin Raj, M.D., David A. Gorelick, M.D., Ph.D., D.L.F.A.P.A., F.A.S.A.M., Scott R. Beach, M.D. et Derick E. Vergne, M.D.
Rédacteurs médicaux: Sebastián Malleza M.D. et Flavio Guzmán, M.D.

Liens d’intérêts financiers pertinents:

Oliver Freudenreich, M.D., F.A.C.L.P. déclare les liens d’intérêts suivants :
– Karuna: Researcher (MGH)
– Medscape: Speaker honorarium
– Wolters-Kluwer: Royalties for medical writing

Tous les liens d’intérêts financiers pertinents mentionnés ci-dessus ont été atténués par Medical Academy et le Psychopharmacology Institute.

Aucun des autres intervenants, planificateurs et relecteurs de cette activité éducative n’a de liens d’intérêts financiers pertinents à déclarer au cours des 24 derniers mois avec des sociétés non éligibles dont l’activité principale consiste à produire, commercialiser, vendre, revendre ou distribuer des produits de santé utilisés par ou sur des patients.

Coordonnées: Pour toute question concernant le contenu ou l’accès à cette activité, contactez-nous à support@psychopharmacologyinstitute.com

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Les participants doivent réaliser l’activité en ligne pendant la période de validité du crédit indiquée ci-dessus.

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This activity has been planned and implemented in accordance with the accreditation requirements and policies of the Accreditation Council for Continuing Medical Education through the joint providership of Medical Academy LLC and the Psychopharmacology Institute. Medical Academy is accredited by the ACCME to provide continuing medical education for physicians.

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