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06. Antipsychotiques dans le trouble de la personnalité borderline : quétiapine, rispéridone et clozapine

Publié le 30 septembre 2026 Date d'expiration de la certification : 30 septembre 2029

Paul S. Links, M.D., F.R.C.P.C.

Professor Emeritus in the Department of Psychiatry and Behavioural Neurosciences - McMaster University in Hamilton, Ontario, Canada

Points clés

  • Dans un vaste essai randomisé contrôlé, la quétiapine à 150 mg/jour a démontré une taille d’effet importante sur les traits borderline (en particulier dans le domaine cognitivo-perceptif) ; à 300 mg/jour, elle ne s’est pas distinguée du placebo.
  • Dans le trouble de la personnalité borderline avec agressivité impulsive marquée, il est raisonnable d’essayer la rispéridone à faible dose (0,25 mg au coucher (QHS), jusqu’à 3 mg/jour), avec une titration guidée par le rapport bénéfices/effets indésirables.
  • Lorsque les autres traitements ont échoué, envisager la clozapine chez les patients hospitalisés atteints de trouble de la personnalité borderline présentant une automutilation dangereuse et réfractaire empêchant la sortie.

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Diapositives et transcription

Diapositive 1 sur 15

Les antipsychotiques dans le trouble de la personnalité borderline : de la sédation à l’agonisme partiel.
Références :
  • Paul S. Links, M.D., F.R.C.P.C.

Diapositive 2 sur 15

En guise d’introduction, les antipsychotiques peuvent être utiles dans la prise en charge des patients atteints de trouble de la personnalité borderline. À faibles doses, ils peuvent atténuer la colère, l’agressivité impulsive ainsi que les symptômes cognitivo-perceptuels que les patients présentent en phase symptomatique, mais leur prescription doit se limiter à des périodes définies, par exemple environ huit semaines.
Références :
  • Black, D. W., Zanarini, M. C., Romine, A., Shaw, M., Allen, J., & Schulz, S. C. (2014). Comparison of low and moderate dosages of extended-release quetiapine in borderline personality disorder: a randomized, double-blind, placebo-controlled trial. The American Journal of Psychiatry, 171(11), 1174–1182. https://doi.org/10.1176/appi.ajp.2014.13101348
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Diapositive 3 sur 15

Ces données proviennent d’une étude de Black et al. portant sur la quétiapine dans le trouble de la personnalité borderline. Les auteurs ont comparé la quétiapine à libération prolongée au placebo dans un large essai contrôlé randomisé de huit semaines. Ils ont observé une taille d’effet importante pour la quétiapine à faible dose, soit 150 mg par jour, sur l’échelle ZAN-BPD, qui mesure les caractéristiques borderline, avec un bénéfice particulièrement marqué sur la composante cognitive. La dose modérée de 300 mg par jour ne s’est pas distinguée du placebo, bien que les deux posologies aient montré un effet favorable sur des critères secondaires tels que l’agressivité verbale et physique.
Références :
  • Black, D. W., Zanarini, M. C., Romine, A., Shaw, M., Allen, J., & Schulz, S. C. (2014). Comparison of low and moderate dosages of extended-release quetiapine in borderline personality disorder: a randomized, double-blind, placebo-controlled trial. The American Journal of Psychiatry, 171(11), 1174–1182. https://doi.org/10.1176/appi.ajp.2014.13101348

Diapositive 4 sur 15

Sans surprise, les effets indésirables étaient fréquents et gênants. Une autre limite de cette étude réside dans des critères d’exclusion assez stricts concernant les diagnostics comorbides. Elle a néanmoins démontré que la quétiapine à faible dose était utile pour les symptômes borderline.
Références :
  • Black, D. W., Zanarini, M. C., Romine, A., Shaw, M., Allen, J., & Schulz, S. C. (2014). Comparison of low and moderate dosages of extended-release quetiapine in borderline personality disorder: a randomized, double-blind, placebo-controlled trial. The American Journal of Psychiatry, 171(11), 1174–1182. https://doi.org/10.1176/appi.ajp.2014.13101348
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Diapositive 5 sur 15

En 2011, Zanarini a mené une étude sur l’olanzapine avec des résultats très similaires. La mesure utilisée était également le ZAN-BPD, qui évalue les caractéristiques borderline. L’olanzapine à faibles doses, soit 5 à 10 mg par jour, a montré un avantage modeste par rapport au placebo sur la psychopathologie borderline. La mise en garde porte là encore sur la fréquence des effets indésirables, notamment la prise de poids et la sédation, qui peuvent limiter l’utilisation de ces médicaments.
Références :
  • Zanarini, M. C., Schulz, S. C., Detke, H. C., Tanaka, Y., Zhao, F., Lin, D., Deberdt, W., Kryzhanovskaya, L., & Corya, S. (2011). A dose comparison of olanzapine for the treatment of borderline personality disorder: a 12-week randomized, double-blind, placebo-controlled study. The Journal of Clinical Psychiatry, 72(10), 1353–1362. https://doi.org/10.4088/JCP.08m04138yel

Diapositive 6 sur 15

La clozapine a fait l’objet d’études dans le trouble de la personnalité borderline. Une large revue de dossiers médicaux ou de données administratives a été réalisée chez des patients atteints de ce trouble ayant été exposés à la clozapine. Cette analyse incluait des patients présentant un TBP associé à un trouble bipolaire ou à des troubles psychotiques, mais les auteurs ont également isolé le sous-groupe des patients avec un trouble de la personnalité borderline spécifique. Les résultats ont montré que l’exposition à la clozapine réduisait les hospitalisations psychiatriques, le nombre total d’hospitalisations ainsi que le nombre de journées d’hospitalisation psychiatrique. Ce constat s’appliquait aussi bien au groupe global qu’au sous-groupe spécifique du trouble de la personnalité borderline.
Références :
  • Rohde, C., Polcwiartek, C., Correll, C. U., & Nielsen, J. (2018). Real-world effectiveness of clozapine for borderline personality disorder: Results from a 2-year mirror-image study. *Journal of Personality Disorders*, *32*(6), 823–837. https://doi.org/10.1521/pedi_2017_31_328
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Diapositive 7 sur 15

Les auteurs ont également montré que le nombre de patients présentant des automutilations intentionnelles ou des surdosages diminuait significativement sous clozapine. Par ailleurs, une revue systématique de la clozapine a suggéré qu’elle pouvait avoir une certaine valeur chez les patients résistants aux traitements et présentant un risque suicidaire.
Références :
  • Rohde, C., Polcwiartek, C., Correll, C. U., & Nielsen, J. (2018). Real-world effectiveness of clozapine for borderline personality disorder: Results from a 2-year mirror-image study. *Journal of Personality Disorders*, *32*(6), 823–837. https://doi.org/10.1521/pedi_2017_31_328
  • Han, J., Allison, S., Looi, J. C. L., Chan, S. K. W., & Bastiampillai, T. (2023). A systematic review of the role of clozapine for severe borderline personality disorder. *Psychopharmacology*, *240*(10), 2015–2031. https://doi.org/10.1007/s00213-023-06431-6

Diapositive 8 sur 15

Dans ma pratique, j’ai recommandé ou prescrit la clozapine dans des situations où un patient hospitalisé pour un trouble de la personnalité borderline présentait des comportements d’automutilation réfractaires et dangereux, au point de rendre impossible sa sortie de l’hôpital. Dans ces cas, les autres approches avaient échoué et, face à l’escalade des comportements d’automutilation, la clozapine a été tentée et s’est révélée efficace dans ces circonstances extrêmes.
Références :
  • Rohde, C., Polcwiartek, C., Correll, C. U., & Nielsen, J. (2018). Real-world effectiveness of clozapine for borderline personality disorder: Results from a 2-year mirror-image study. *Journal of Personality Disorders*, *32*(6), 823–837. https://doi.org/10.1521/pedi_2017_31_328
  • Han, J., Allison, S., Looi, J. C. L., Chan, S. K. W., & Bastiampillai, T. (2023). A systematic review of the role of clozapine for severe borderline personality disorder. *Psychopharmacology*, *240*(10), 2015–2031. https://doi.org/10.1007/s00213-023-06431-6
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Diapositive 9 sur 15

Je souhaite mentionner un essai contrôlé randomisé sur le brexpiprazole dans le traitement du trouble de la personnalité borderline, afin d’illustrer les difficultés liées à la réponse au placebo. Cette étude a évalué l’efficacité et la tolérance du brexpiprazole par rapport au placebo dans le cadre d’un ECR de 12 semaines portant sur 80 participants, dont la majorité étaient des femmes, comme dans de nombreuses études. Le critère de jugement principal était le ZAN-BPD, qui mesure la psychopathologie borderline, mais des critères secondaires ont également été évalués.
Références :
  • Grant, J. E., Valle, S., Chesivoir, E., Ehsan, D., & Chamberlain, S. R. (2022). A double-blind placebo-controlled study of brexpiprazole for the treatment of borderline personality disorder. *The British Journal of Psychiatry*, *220*(2), 58–63. https://doi.org/10.1192/bjp.2021.159

Diapositive 10 sur 15

Les résultats ont montré que le brexpiprazole avait un effet significatif sur les symptômes borderline par rapport au placebo, mais cette significativité n’est apparue qu’à la dernière visite de l’étude. Cet exemple illustre la difficulté à distinguer l’effet du médicament de celui du placebo jusqu’à cette évaluation finale, probablement en raison d’une réponse placebo robuste. Il s’agit là d’une caractéristique bien connue de la recherche en psychopharmacologie chez les patients borderline : la réponse au placebo est importante et il est très difficile de démontrer l’efficacité d’un médicament.
Références :
  • Grant, J. E., Valle, S., Chesivoir, E., Ehsan, D., & Chamberlain, S. R. (2022). A double-blind placebo-controlled study of brexpiprazole for the treatment of borderline personality disorder. *The British Journal of Psychiatry*, *220*(2), 58–63. https://doi.org/10.1192/bjp.2021.159
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Diapositive 11 sur 15

Parmi les antipsychotiques que j’utilise assez fréquemment chez les patients borderline, l’aripiprazole en est un exemple. Chez un patient borderline symptomatique, je commence généralement à 1 ou 2 mg par jour et j’augmente progressivement la dose en fonction de la réponse du patient, jusqu’à un maximum de 10 mg par jour, selon le rapport bénéfice-risque. En ce qui concerne la cariprazine, j’ai parfois observé des difficultés liées à l’akathisie chez certains patients.
Références :
  • Nickel, M. K., Muehlbacher, M., Nickel, C., Kettler, C., Pedrosa Gil, F., Bachler, E., Buschmann, W., Rother, N., Fartacek, R., Egger, C., Anvar, J., Rother, W. K., Loew, T. H., & Kaplan, P. (2006). Aripiprazole in the treatment of patients with borderline personality disorder: A double-blind, placebo-controlled study. American Journal of Psychiatry, 163(5), 833–838. https://doi.org/10.1176/ajp.2006.163.5.833
  • Grant, J. E., & Chamberlain, S. R. (2020). Cariprazine treatment of borderline personality disorder: A case report. Psychiatry and Clinical Neurosciences, 74(9), 511–512. https://doi.org/10.1111/pcn.13094

Diapositive 12 sur 15

J’utilise la quétiapine chez les patients qui souhaitent davantage une aide pour le sommeil ou une sédation. Je commence alors à 25 mg au coucher et j’augmente lentement la dose dans une fourchette de 150 à 300 mg par jour, toujours en fonction du rapport bénéfice-risque.
Références :
  • Black, D. W., Zanarini, M. C., Romine, A., Shaw, M., Allen, J., & Schulz, S. C. (2014). Comparison of low and moderate dosages of extended-release quetiapine in borderline personality disorder: a randomized, double-blind, placebo-controlled trial. The American Journal of Psychiatry, 171(11), 1174–1182. https://doi.org/10.1176/appi.ajp.2014.13101348
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Diapositive 13 sur 15

La rispéridone s’est révélée utile dans ma pratique clinique chez les patients présentant une impulsivité agressive importante. Je la trouve efficace pour ce symptôme, en débutant à une faible dose de 0,25 mg au coucher et en allant jusqu’à une dose maximale de 3 mg par jour, selon le rapport bénéfice-risque. Lors de la prescription d’un antipsychotique, je sélectionne principalement le médicament en fonction de son profil d’effets indésirables.
Références :
  • Rocca, P., Marchiaro, L., Cocuzza, E., & Bogetto, F. (2002). Treatment of borderline personality disorder with risperidone. The Journal of Clinical Psychiatry, 63(3), 241–244. https://doi.org/10.4088/jcp.v63n0311

Diapositive 14 sur 15

Les points clés de cette section sont les suivants : les antipsychotiques à faibles doses peuvent être utiles pour atténuer la colère, l’agressivité impulsive et les symptômes cognitivo-perceptuels du trouble de la personnalité borderline. Je recommande de les prescrire pour des périodes limitées dans le temps.
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Diapositive 15 sur 15

La clozapine pourrait avoir un rôle chez les patients présentant des comportements d’automutilation dangereux et particulièrement réfractaires, lorsque toutes les autres approches ont échoué. Le profil d’effets indésirables peut constituer un critère de sélection de l’antipsychotique. Bien entendu, la surveillance des effets indésirables et des résultats cliniques est indispensable lors de la prescription d’antipsychotiques.

Objectifs d’apprentissage

À l’issue de cette activité, le participant sera en mesure de :

  1. Différencier le trouble de la personnalité borderline du trouble bipolaire de type II et du TSPT complexe en s’appuyant sur la durée et les déclencheurs des variations de l’humeur, l’image de soi et les schémas relationnels.
  2. Appliquer une approche collaborative et limitée dans le temps de la prescription dans le trouble de la personnalité borderline, incluant l’évaluation symptomatique initiale, les objectifs fonctionnels définis par le patient et une déprescription structurée visant à réduire la polypharmacie.
  3. Sélectionner la pharmacothérapie en fonction des symptômes cibles spécifiques et des comorbidités dans le trouble de la personnalité borderline, en pesant les données probantes relatives aux antipsychotiques, aux stabilisateurs de l’humeur, aux antidépresseurs et aux psychostimulants au regard des risques liés aux benzodiazépines.

Activité

Date de publication initiale: 30 septembre 2026
Date d’expiration: 30 septembre 2029
Expert: Paul S. Links, M.D., F.R.C.P.C.
Rédacteur médical: Tomás Abudarham, M.D.

Liens d’intérêts financiers pertinents:

Paul S. Links, M.D., F.R.C.P.C. déclare le lien d’intérêt suivant :
– American Psychiatric Association Publishing: Receive book royalties

Tous les liens d’intérêts financiers pertinents mentionnés ci-dessus ont été atténués par Medical Academy et le Psychopharmacology Institute.

Aucun des autres experts, planificateurs et relecteurs de cette activité éducative n’a de liens d’intérêts financiers pertinents à déclarer au cours des 24 derniers mois avec des sociétés non éligibles dont l’activité principale consiste à produire, commercialiser, vendre, revendre ou distribuer des produits de santé utilisés par ou sur des patients.

Instructions pour la participation et le crédit

Les participants doivent réaliser l’activité en ligne pendant la période de validité du crédit indiquée ci-dessus.
Suivez ces étapes pour obtenir un crédit CME :

  1. Consultez le contenu éducatif requis sur la page de ce cours.
  2. Complétez l’évaluation post-activité afin de fournir les retours nécessaires aux fins d’accréditation continue et au développement des activités futures. REMARQUE : compléter l’évaluation post-activité après le questionnaire est indispensable pour recevoir le crédit obtenu.
  3. Téléchargez votre certificat.

Veuillez noter que les dates d’achèvement des certificats CME et SA CME sont enregistrées en UTC. Selon votre fuseau horaire local, les activités terminées en fin de journée peuvent apparaître sur votre certificat à la date du jour suivant.

Coordonnées: Pour toute question concernant le contenu ou l’accès à cette activité, contactez-nous à support@psychopharmacologyinstitute.com

Accréditation

Médecins

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This activity has been planned and implemented in accordance with the accreditation requirements and policies of the Accreditation Council for Continuing Medical Education through the joint providership of Medical Academy LLC and the Psychopharmacology Institute. Medical Academy is accredited by the ACCME to provide continuing medical education for physicians.

Déclaration d’accréditation (traduction de référence): Cette activité a été planifiée et mise en œuvre conformément aux exigences et politiques d’accréditation de l’Accreditation Council for Continuing Medical Education, dans le cadre de la coresponsabilité pédagogique de Medical Academy LLC et du Psychopharmacology Institute. Medical Academy est accréditée par l’ACCME pour proposer de la formation médicale continue aux médecins.

Credit Designation Statement:
Medical Academy designates this enduring activity for a maximum of 1 AMA PRA Category 1 credit(s)™. Physicians should claim only the credit commensurate with the extent of their participation in the activity.

Déclaration de désignation des crédits (traduction de référence): Medical Academy désigne cette activité pérenne pour un maximum de 1 AMA PRA Category 1 credit(s)™. Les médecins ne doivent réclamer que le crédit correspondant à l’étendue de leur participation à l’activité.

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