Diapositives et transcription
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Nouveaux agents dans le trouble de la personnalité borderline : acides gras oméga-3, méthylphénidate, clonidine, buprénorphine, naltrexone et autres.
Références :
- Paul S. Links, M.D., F.R.C.P.C.
Diapositive 2 sur 20
En guise d’introduction, nous allons aborder ces agents qui peuvent s’avérer utiles, mais nous les présentons surtout pour illustrer l’existence de nouvelles voies neurobiologiques qui mériteraient d’être explorées afin de mieux comprendre la psychopathologie du trouble de la personnalité borderline. C’est donc davantage dans un intérêt académique que nous évoquons certains de ces essais médicamenteux.
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Diapositive 3 sur 20
Les acides gras oméga-3, tels que l’EPA ou le DHA, ont été utilisés chez des patients borderline, et une revue systématique de leur utilisation dans cette population a même été publiée. Cette revue a montré qu’ils étaient bénéfiques pour la dépression, mais surtout qu’ils apportaient le plus grand bénéfice sur la dysrégulation affective.
Références :
- Karaszewska, D. M., Ingenhoven, T., & Mocking, R. J. T. (2021). Marine omega-3 fatty acid supplementation for borderline personality disorder: A meta-analysis. *The Journal of Clinical Psychiatry*, *82*(3), 20r13613. https://doi.org/10.4088/JCP.20r13613
Diapositive 4 sur 20
Un essai de plus petite envergure a comparé les acides gras oméga-3 associés au divalproex au divalproex seul, et là encore, un certain bénéfice a été observé sur l’impulsivité, l’instabilité affective et la colère.
Références :
- Bellino, S., Bozzatello, P., Rocca, G., & Bogetto, F. (2014). Efficacy of omega-3 fatty acids in the treatment of borderline personality disorder: a study of the association with valproic acid. Journal of Psychopharmacology, 28(2), 125–132. https://doi.org/10.1177/0269881113510072
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Diapositive 5 sur 20
Ainsi, dans ma propre pratique, par exemple, lorsqu’un patient hésite à prendre des médicaments mais continue de souffrir d’instabilité affective, je lui suggère des acides gras oméga-3 disponibles sans ordonnance. La dose habituelle est de 1 000 mg d’EPA, qui est probablement l’ingrédient le plus actif, et cela s’avère souvent utile avec très peu d’effets indésirables.
Références :
- Karaszewska, D. M., Ingenhoven, T., & Mocking, R. J. T. (2021). Marine omega-3 fatty acid supplementation for borderline personality disorder: A meta-analysis. *The Journal of Clinical Psychiatry*, *82*(3), 20r13613. https://doi.org/10.4088/JCP.20r13613
- Zanarini, M. C., & Frankenburg, F. R. (2003). Omega-3 fatty acid treatment of women with borderline personality disorder: A double-blind, placebo-controlled pilot study. The American Journal of Psychiatry, 160(1), 167–169. https://doi.org/10.1176/appi.ajp.160.1.167
Diapositive 6 sur 20
En ce qui concerne le méthylphénidate, deux études prospectives ont évalué son utilisation chez des patients borderline présentant un TDAH comorbide, et il s’est révélé bénéfique sur les symptômes du TDAH tels que l’impulsivité, l’irritabilité, ainsi que sur certains aspects du fonctionnement.
Références :
- Golubchik, P., Sever, J., Zalsman, G., & Weizman, A. (2008). Methylphenidate in the treatment of female adolescents with cooccurrence of attention deficit/hyperactivity disorder and borderline personality disorder: A preliminary open-label trial. International Clinical Psychopharmacology, 23(4), 228–231. https://doi.org/10.1097/YIC.0b013e3282f94ae2
- Prada, P., Nicastro, R., Zimmermann, J., Hasler, R., Aubry, J.-M., & Perroud, N. (2015). Addition of methylphenidate to intensive dialectical behaviour therapy for patients suffering from comorbid borderline personality disorder and ADHD: A naturalistic study. Attention Deficit and Hyperactivity Disorders, 7(3), 199–209. https://doi.org/10.1007/s12402-015-0165-2
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Diapositive 7 sur 20
Un petit essai contrôlé randomisé en laboratoire a évalué l’effet d’une dose unique de méthylphénidate sur la prise de décision. Je dirais néanmoins que les médicaments indiqués dans le TDAH ont leur place chez les patients atteints de TBP avec un TDAH comorbide.
Références :
- Gvirts, H. Z., Lewis, Y. D., Dvora, S., Feffer, K., Nitzan, U., Carmel, Z., Levkovitz, Y., & Maoz, H. (2018). The effect of methylphenidate on decision making in patients with borderline personality disorder and attention-deficit/hyperactivity disorder. International Clinical Psychopharmacology, 33(4), 233–237. https://doi.org/10.1097/YIC.0000000000000219
Diapositive 8 sur 20
Je privilégie les stimulants à libération prolongée, qui peuvent être bénéfiques pour les patients. Je cherche à évaluer si l’amélioration du TDAH se traduit par une amélioration du fonctionnement global. Certaines données suggèrent que le traitement par stimulants pourrait réduire le risque de comportements suicidaires. Bien entendu, la prudence s’impose lors de la prescription chez les patients borderline, en particulier en cas d’antécédents récents de troubles liés à l’usage de substances, et il convient d’être vigilant quant au risque de mésusage et de détournement de ces médicaments. Par ailleurs, les stimulants pourraient aggraver les symptômes paranoïdes ou l’agitation chez les patients borderline, ce qui nécessite une surveillance attentive.
Références :
- Golubchik, P., Sever, J., Zalsman, G., & Weizman, A. (2008). Methylphenidate in the treatment of female adolescents with cooccurrence of attention deficit/hyperactivity disorder and borderline personality disorder: A preliminary open-label trial. International Clinical Psychopharmacology, 23(4), 228–231. https://doi.org/10.1097/YIC.0b013e3282f94ae2
- Prada, P., Nicastro, R., Zimmermann, J., Hasler, R., Aubry, J.-M., & Perroud, N. (2015). Addition of methylphenidate to intensive dialectical behaviour therapy for patients suffering from comorbid borderline personality disorder and ADHD: A naturalistic study. Attention Deficit and Hyperactivity Disorders, 7(3), 199–209. https://doi.org/10.1007/s12402-015-0165-2
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Diapositive 9 sur 20
Concernant la clonidine, la doxazosine et la mémantine : la clonidine a été utilisée pour traiter la tension intérieure et l’hyperéveil, ce qui peut être utile chez les patients borderline présentant un TSPT comorbide. La doxazosine, similaire à la prazosine, peut être employée dans une situation analogue pour traiter les cauchemars liés au trauma.
Références :
- Ziegenhorn, A. A., Roepke, S., Schommer, N. C., Merkl, A., Danker-Hopfe, H., Perschel, F. H., Heuser, I., Anghelescu, I. G., & Lammers, C. H. (2009). Clonidine improves hyperarousal in borderline personality disorder with or without comorbid posttraumatic stress disorder: a randomized, double-blind, placebo-controlled trial. Journal of Clinical Psychopharmacology, 29(2), 170–173. https://doi.org/10.1097/JCP.0b013e31819a4bae
- Roepke, S., Danker-Hopfe, H., Repantis, D., Behnia, B., Bernard, F., Hansen, M. L., & Otte, C. (2017). Doxazosin, an α-1-adrenergic-receptor antagonist, for nightmares in patients with posttraumatic stress disorder and/or borderline personality disorder: A chart review. Pharmacopsychiatry, 50(1), 26–31. https://doi.org/10.1055/s-0042-107794
Diapositive 10 sur 20
La mémantine a été étudiée en tant qu’antagoniste des récepteurs NMDA, et un essai contrôlé randomisé positif a été publié, mais il s’agit là encore d’un seul essai, et ces agents nécessitent des investigations complémentaires.
Références :
- Kulkarni, J., Thomas, N., Hudaib, A. R., Gavrilidis, E., Grigg, J., Tan, R., Cheng, J., Arnold, A., & Gurvich, C. (2018). Effect of the Glutamate NMDA Receptor Antagonist Memantine as Adjunctive Treatment in Borderline Personality Disorder: An Exploratory, Randomised, Double-Blind, Placebo-Controlled Trial. CNS Drugs, 32(2), 179–187. https://doi.org/10.1007/s40263-018-0506-8
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Diapositive 11 sur 20
L’ocytocine est un agent d’intérêt. Il s’agit d’un neuropeptide sécrété par la neurohypophyse, connu pour favoriser la confiance et la coopération au sein d’un groupe, et pour renforcer les capacités cognitives sociales. Cela présente naturellement un intérêt pour les cliniciens qui traitent le trouble de la personnalité borderline, car on sait que ces patients présentent des déficits de mentalisation et une tendance à interpréter négativement les stimuli sociaux.
Références :
- Bertsch, K., & Herpertz, S. C. (2018). Oxytocin and Borderline Personality Disorder. *Current Topics in Behavioral Neurosciences*, *35*, 499–514. https://doi.org/10.1007/7854_2017_26
Diapositive 12 sur 20
Des expériences en laboratoire ont cherché à déterminer si l’exposition à l’ocytocine pouvait modifier les comportements prosociaux. Malheureusement, les résultats se sont révélés très hétérogènes. Certaines données indiquent que l’ocytocine peut améliorer l’hypersensibilité aux menaces sociales, tandis que d’autres suggèrent qu’elle diminue la confiance et les comportements coopératifs.
Références :
- Bertsch, K., & Herpertz, S. C. (2018). Oxytocin and Borderline Personality Disorder. *Current Topics in Behavioral Neurosciences*, *35*, 499–514. https://doi.org/10.1007/7854_2017_26
- Bartz, J., Simeon, D., Hamilton, H., Kim, S., Crystal, S., Braun, A., Vicens, V., & Hollander, E. (2011). Oxytocin can hinder trust and cooperation in borderline personality disorder. *Social Cognitive and Affective Neuroscience*, *6*(5), 556–563. https://doi.org/10.1093/scan/nsq085
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Diapositive 13 sur 20
Une explication possible est ce que l’on appelle l’hypothèse de la saillance sociale. Selon cette hypothèse, l’ocytocine pourrait améliorer la saillance sociale du patient, mais avec des effets à la fois positifs et négatifs, pouvant ainsi amplifier les réponses négatives aux stimuli sociaux. En somme, l’ocytocine suscite un intérêt certain, mais les données disponibles restent insuffisantes à ce jour. Les études réalisées portent essentiellement sur des doses uniques avec des critères de jugement en laboratoire, et des essais cliniques rigoureux évaluant des critères cliniques seraient nécessaires.
Références :
- Shamay-Tsoory, S. G., & Abu-Akel, A. (2016). The social salience hypothesis of oxytocin. Biological Psychiatry, 79(3), 194–202. https://doi.org/10.1016/j.biopsych.2015.07.020
Diapositive 14 sur 20
La buprénorphine et la naltrexone ont suscité un intérêt en raison de la question suivante : le système opioïde endogène influence-t-il la psychopathologie borderline, notamment en modulant la réponse à la douleur liée au rejet social ?
Références :
- Hansen, B., Inch, K. M., & Kaschor, B. A. (2022). The use of buprenorphine/naloxone to treat borderline personality disorder: A case report. *Borderline Personality Disorder and Emotion Dysregulation*, *9*, Article 9. https://doi.org/10.1186/s40479-022-00181-1
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Diapositive 15 sur 20
La buprénorphine a été utilisée dans un échantillon de patients borderline et semble avoir réduit les idées suicidaires ainsi que les symptômes dépressifs, mais là encore, des études complémentaires sont nécessaires.
Références :
- Yovell, Y., Bar, G., Mashiah, M., Baruch, Y., Briskman, I., Asherov, J., Lotan, A., Rigbi, A., & Panksepp, J. (2016). Ultra-low-dose buprenorphine as a time-limited treatment for severe suicidal ideation: A randomized controlled trial. *The American Journal of Psychiatry*, *173*(5), 491–498. https://doi.org/10.1176/appi.ajp.2015.15040535
Diapositive 16 sur 20
La naltrexone a été évaluée pour réduire les comportements d’automutilation et les symptômes dissociatifs, mais les résultats restent mitigés et peu concluants. Un cas clinique rapporte l’utilisation combinée de buprénorphine et de naltrexone chez un patient borderline, avec une réduction apparente des consultations aux urgences et des hospitalisations.
Références :
- Moghaddas, A., Dianatkhah, M., Ghaffari, S., & Ghaeli, P. (2017). The potential role of naltrexone in borderline personality disorder. Iranian Journal of Psychiatry, 12(2), 142-146. https://doi.org/10.18502/ijps.v12i2.1839
- Hansen, B., Inch, K. M., & Kaschor, B. A. (2022). The use of buprenorphine/naloxone to treat borderline personality disorder: A case report. *Borderline Personality Disorder and Emotion Dysregulation*, *9*, Article 9. https://doi.org/10.1186/s40479-022-00181-1
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Diapositive 17 sur 20
Deux agents méritent d’être mentionnés, là encore en raison de leur impact potentiel sur le système opioïde endogène : le paracétamol. Certaines données suggèrent qu’il pourrait atténuer les affects négatifs associés au rejet social, ce qui présenterait un intérêt pour les patients borderline et leurs thérapeutes.
Références :
- Dewall, C. N., Macdonald, G., Webster, G. D., Masten, C. L., Baumeister, R. F., Powell, C., Combs, D., Schurtz, D. R., Stillman, T. F., Tice, D. M., & Eisenberger, N. I. (2010). Acetaminophen reduces social pain: Behavioral and neural evidence. *Psychological Science*, *21*(7), 931–937. https://doi.org/10.1177/0956797610374741
- Roberts, I. D., Krajbich, I., & Way, B. M. (2019). Acetaminophen influences social and economic trust. *Scientific Reports*, *9*(1), 4060. https://doi.org/10.1038/s41598-019-40093-9
Diapositive 18 sur 20
Le cannabis est également considéré comme pouvant avoir des effets similaires sur la douleur liée au rejet social. Comme on le sait, le cannabis peut être utile pour le sommeil, mais il n’a actuellement aucun rôle établi dans le traitement du trouble de la personnalité borderline, ni dans celui d’aucun autre trouble psychiatrique. Cela dit, tous ces médicaments restent à un stade purement exploratoire.
Références :
- Deckman, T., DeWall, C. N., Way, B., Gilman, R., & Richman, S. (2014). Can marijuana reduce social pain? Social Psychological and Personality Science, 5(2), 131–139. https://doi.org/10.1177/1948550613488949
- Wilson, J., Dobson, O., Langcake, A., et al. (2026). The efficacy and safety of cannabinoids for the treatment of mental disorders and substance use disorders: A systematic review and meta-analysis. *The Lancet Psychiatry*, *13*, 304–315. https://doi.org/10.1016/S2215-0366(26)XXXXX-X
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Diapositive 19 sur 20
Les points clés de cette section sont les suivants : les nouveaux agents que nous avons présentés servent avant tout à mettre en lumière de nouveaux mécanismes d’action potentiellement impliqués dans la psychopathologie borderline. Les acides gras oméga-3 sont parfois utilisés dans ma pratique, notamment chez les patients qui souhaitent éviter les médicaments mais souffrent de dysrégulation affective. Chez les patients atteints de TBP et de TDAH, les stimulants à libération prolongée peuvent être efficaces et pourraient même réduire le risque de comportements suicidaires.
Diapositive 20 sur 20
L’ocytocine pourrait potentiellement présenter un intérêt chez les patients borderline, mais des études complémentaires sont nécessaires. Les agents susceptibles de réduire la douleur émotionnelle liée au rejet social sont également intrigants pour la compréhension de la psychopathologie borderline, mais tous ces agents nécessitent des investigations supplémentaires.
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